Design § Imaginaire


Carré d’Art, Nîmes
Université de Nîmes (PROJEKT) & Université Paul Valéry Montpellier 3 (IRSACRI)
8 octobre 2014

L’esthétique de l’effacement, Jean-Baptiste Sibertin-Blanc

Nous vivons dans des environnements saturés de choses, dans lesquels, de manière paradoxale, nous nous détachons du design d’objet qui est notre culture. Notre rapport au luxe, à la culture, aux autres, se vit sur des modes de plus en plus ludiques. Le design numérique prend la parole et nous dicte une relation au temps toujours plus rapide, une relation à l’écran toujours plus prégnante. Une relation nouvelle aux choses s’invente en posant chaque jour de nouvelles inconnues dans l’équation du design. Les artistes sont les premiers à avoir questionner le vide, la disparition, en réaction aux évolutions technologiques de toutes natures. Si le designer a pour rival le virtuel, le réel nous oblige à imaginer des scenarii aimables en associant matière et nouvelles fonctionnalités. L’imaginaire des métiers d’art s’étiole par l’absence d’un souffle de modernité, et l’imaginaire du monde numérique semble oublier qu’il y a dans nos attentes, une soif de nature, au sens propre du terme, que la matière porte dans son ADN. La rencontre de ces 2 imaginaires, dont les logiques sont respectivement dédiées aux objets et aux services, sont à même de s’enrichir de valeurs d’authenticité, partagées par l’un et l’autre. La matière, le toucher, les savoir-faire, pourraient être à la rencontre de ces deux univers qui se croisent, qui se frottent, pour formuler une critique positive à l’égard de l’objet connecté : Objets connectés pour intelligence assistée, autonomie ou hétéronomie ? L’intervention du designer se redéfinira par l’expérience, associée à la matière : pour quelles fonctionnalités, quelles matérialités, quels rapports au temps, quels rapports à l’espace ?